Une ronde d'enfants autour de la terreUne ronde d'enfants autour de la terre
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Carnet de route de la Bolivie – La Paz

Du 30 Mai au 12 Juin 2005




'Entrée interdite... Enfants délicats' : le sas d'entrée








Quel plaisir de voir tant d'envie de découvrir !







Fany, une de nos meilleures choristes !






'Bailamos tres tiempos, si nos gusta'...









On devine le sourire de Daniel, derrière son masque et la guitare...




Fabiana accompagne son chant à la guitare









Les manifestants et leurs feux pour contrer les gaz lacrymogènes...



15 minutes plus tard, au même endroit...




Encore quelques pierres, reste des blocages de routes...


L'hospital del niño


Sur les conseils de Susana, médecin américaine rencontrée à Uyuni, nous nous rendons à l' « hospital del niño » pour proposer nos services. Après avoir rencontré plusieurs personnes, la travailleuse sociale responsable nous accueille à bras ouverts et est enchantée par notre possible intervention. Alors que nous demandons de visiter les enfants les plus défavorisés de l'hôpital, elle nous soumet de nous rendre dans le service d'onco-hématologie avec des enfants atteints du cancer et de leucémie. Une simple lettre au directeur de l'hôpital nous donne l'autorisation d'intervenir tous les matins. Nous sommes pressés de rencontrer ces enfants, et appréhendons un peu car nous n'avons jamais travaillé dans un tel lieu ni avec ce public particulier.


Comme le reste du pays, l'hôpital est en grève et l'effectif réduit. Notre présence est donc la bienvenue pour Carmen, psychologue et accessoirement animatrice avec qui nous travaillerons tout notre séjour, et les parents, vêtus de jaune pour les reconnaître, venus en renfort. Ces derniers, souvent aux côtés de leurs enfants, sont tous ravis que l'on vienne faire chanter leur petit. Certains participent avec nous où viennent jeter un oeil, mais la plupart profitent de notre présence pour se reposer un peu, à l'écart.


Des enfants enthousiastes


Le jeudi matin, la travailleuse sociale nous accompagne dans le service et nous présente à l'équipe composée d'infirmiers, d'une médecin et d'une psychologue. Les enfants étant très fragiles et ayant très peu de défenses immunitaires, on nous distribue un masque et une blouse que l'on portera tout de suite après avoir passé le sas d'entrée et s'être lavé les mains (pour éviter de transmettre nos microbes aux enfants). Curieuse impression de devoir nous « déguiser en médecin », et surtout de travailler sur la voix avec un masque, qui cache notre sourire.
Le service compte 9 enfants, âgés de 3 à 9 ans. Dans la grande salle principale sont disposés 8 lits, 3 petites chambres vitrées isolent les enfants trop fragiles et une petite salle de jeux est dans le fond. Nous ferons nos animations tantôt dans la salle de jeux, tantôt dans la salle principale, suivant les fatigués du jour...


Dès notre première rencontre, les enfants, plus habitués que nous à notre tenue dans laquelle nous nous sentons un peu mal à l'aise, sont très chaleureux et contents de faire de la musique. Guitare et livre de chants français (fabriqué par les enfants de l'école) sous le bras, nous entrons timidement dans leur monde... Très vite, les enfants nous suivent, veulent porter le livre, vont chercher leurs copains pour commencer à chanter.


Nous commençons par chanter deux chansons, puis chaque jour nous en ajoutons une dans le répertoire de nos artistes. Au fur et à mesure, ils se les approprient et aiment à les chanter encore et encore. Nous associons des gestes pour les rendre plus vivants. « Los elefantes » et « Arroz con leche », deux chants traditionnels Boliviens, sont avec « Una ronda de niños alrededor de la tiera » (notre chanson) et « Palmas, palmas » (« Tapent, tapent, petites mains » traduit en espagnol) leurs préférés. A l'aide du livre illustré, Florine raconte une à une les histoire des chants de chez nous, les chantant ensuite parfois en français, parfois en traduisant « en live » en espagnol. Ils aiment beaucoup nous écouter chanter en regardant les dessins faits par d'autres enfants et suivent tout en reproduisant les gestes de Florine. D'après ce qu'ils aiment à l'hôpital, nous composons ensemble une chanson. Les fruits seront cette fois-ci à l'honneur, chacun chantant tour à tour son fruit préféré. Carmen nous dit que les enfants nous attendent chaque jour avec impatience.


Pour le plaisir de chanter !


Le jour de l'enregistrement, tous sont heureusement plus ou moins en forme. Leur plaisir de chanter est merveilleux. Certains expliquent ensuite à leurs parents ce qu'ils viennent de faire avec beaucoup d'enthousiasme. Une fois terminé, nous écoutons le CD dans la grande salle et chacun est un peu intimidé de s'entendre tout en étant en même temps très fier. Les parents qui sont là aussi, se rapprochent et sourient. Nous sommes contents d'avoir réussi à réunir tout le monde grâce à la musique. Par elle, les enfants ont oublié pour quelques instants leur maladie et nous avons partagé de vrais moments de joie. Notre objectif en général est d'apporter des moments de bonheur pour construire une vie future meilleure. Ici, cet objectif consiste surtout à profiter du moment présent au maximum.
Contrairement aux autres lieux visités jusqu'à maintenant (notamment les foyers pour enfants des rues), les enfants sont très solidaires et respectueux entre eux. Il est agréable de voir les plus grands jouer avec les plus petits sans faire de distinctions et sans aucune violence.


A cause des troubles sociaux que traversent le pays, notre départ est avancé de 2 jours. C'est avec une grande émotion que nous recevons le dessin qu'ils nous offrent à notre départ en remerciement : « Gracias Rafael y Florin por darnos su cariño y amistad, con los niños de Oncologia. »


La maladie...


Carmen, la psychologue, nous éclaire beaucoup sur la maladie de ces enfants. Lorsqu'elle nous apprend que la majorité d'entre eux, pour ne pas dire tous, ne seront plus de ce monde d'ici deux ans, nous sommes bouleversés. Ces enfants passent en effet presque toute leur vie ici, dans cette salle, et ne sortent que rarement.
Nous découvrons ce public et aussi cette dure maladie. Nous sommes surpris de voir que les changements d'états sont très rapides : un enfant peut un jour être très fatigué dans son lit (les autre le laissent tranquille) et peu de temps après se lever et jouer. Les difficiles traitements que le cancer implique y sont pour beaucoup (Chimiothérapies...etc...). Un jour, Daniel a une perfusion, le lendemain il n'a plus rien et le surlendemain, il est dans une chambre isolée. Aussi, quand nous faisons de la musique, nous nous installons dans un coin et les enfants qui se sentent en forme nous rejoignent au fur et à mesure de leur état. Nous ne voulons, bien sur, pas imposer notre présence quand ils sont vraiment fatigués.


En revanche, nous ne savons pas bien comment réagir quand des enfants veulent venir chanter malgré tout, à bout de force. Nous leur disons : « Demain, quand tu iras mieux » et allons à la fin de la séance auprès de leur lit pour leur demander quelle chanson ils veulent chanter, et nous l'entonnons doucement... Fabiana, par exemple, nous regarde chanter de son lit depuis deux jours et semble vraiment mal en point. L'infirmière l'habille et l'aide à se lever. Rapidement, elle se recouche en pleurant, elle est trop fatiguée... Le lendemain et les jours suivants, elle pourra participer et chanter pour l'enregistrement car elle se sentira mieux.


La Paz... sans Paz...


La petite auberge où nous avons élu domicile n'a pas de chauffage (comme dans la plupart d'entre eux) ni d'eau réellement chaude. La journée, quand le soleil se montre, il fait bon mais dès qu'il part se coucher, il fait très froid. Nous attrapons rapidement tous les deux un coup de froid.


Depuis que nous sommes entrés dans le pays, nous voyons des pratiques que nous avons pas vu ailleurs : dans les petits restaurants, lorsque nous avons fini de manger, des jeunes vivants dans la rue nous demandent s'ils peuvent finir notre assiette, et s'assoient à notre place pour manger. C'est d'abord un sentiment de culpabilité qui nous envahit, puis une résignation : « Autant que ça serve à quelqu'un plutôt qu'à la poubelle... »
Les troubles sociaux dans le pays s'aggravent de jour en jour. Les revendications des syndicats représentants le peuple Bolivien, ne s'arrêtent plus au problème initial des hydrocarbures. Le président démissionne, les habitants démunis de « El Alto », quartier surplombant La Paz, descendent dans la rue et la plupart des routes de Bolivie sont bloquées. Comme petit à petit, il n'y a plus de transport en commun, nous rentrons à pied de l'hôpital à notre auberge dans le centre. On nous dit d'éviter les manifestations, mais elles sont partout et surtout au centre ville... Il nous faut chaque jour inventer un nouvel itinéraire.


Tout à l'air tranquille, jusqu'à ce que les (très nombreux) policiers nous demandent de courir, on ne sait où, que des gaz lacrymogènes nous arrivent dans les yeux et que nous nous retrouvions coincés au milieu des affrontements entre policiers et manifestants. Un peu affolés, nous frappons aux portes pour pouvoir nous réfugier ou courons dans le sens qui nous semble le moins pire. On vous laisse imaginer dans quel état on arrive à notre auberge, après avoir monter des escaliers en courant pendant 10mn (nous sommes a 4000m...) suivis par des gaz et la gorge prise par le « coup de froid »...


Un consul dans tous ses états...


Voyant que la situation ne s'améliore pas, que nous sommes bloqués dans la capitale et que nous avons bientôt fini notre travail avec les enfants, nous décidons de contacter l'ambassade de France sur place. Le consul nous alarme, disant que la situation est dangereuse, nous dit de changer immédiatement d'hôtel pour aller plus au sud et de partir au plus vite.
Nous nous retrouvons dans un hôtel un peu cher mais d'où nous pouvons suivre les actualités par télé et journal. L'ambassade, qui a peur pour les ressortissants français, nous appelle plusieurs fois par jour pour nous tenir informés. La dernière information qu'on nous donne est : « Vous avez 72 h pour quitter le pays, lundi ça va éclater ! ». Nous nous renseignons sur les avions lorsque l'aéroport se réouvre : tout est complet pour le Pérou. Nous profitons d'une trêve décidée par les syndicats qui relâchent les blocages de route pour le week-end, pour prendre un bus, un des premiers qui sorte de la capitale depuis 2 semaines. En chemin, nous voyons beaucoup de pierres et de terre sur les routes, mais heureusement pas de manifestants en colère.


Nous sommes soulagés de quitter ce beau pays qui nous aura provoqué beaucoup d'émotions, enchanté par ses paysages, par ses habitants et surtout par les enfants que nous y avons rencontrés. Nous espérons que cette grave crise sociale, qui aura causé beaucoup de dégâts dans la population, se calmera vite...



Florine et Raphaël,
Lundi 13/06/2005 à 19h00. 9°
Puno (Pérou)



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