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Carnet de route du Mali - Bamako

Du 12 au 27 Janvier 2005











L'entrée de la Pouponnière de Bamako





Dans la salle d'activités...












Florine avec les enfants les moins autonomes






Les vibrations de la guitare font vibrer la main de Hawa








La cour du CAOE














Nous écoutons les bons conseils de Tcifola, avec Aurélie




L'ancien guitariste de Salif Keïta nous aide


Nos stars en live !








Fabrice et Kali, à la Casa de Bamako







Le zébu du Tabaski... ou ce qu'il en reste !


Dans notre première semaine a Bamako, nous entrons en contact avec Mamadou Touré dont le contact avait été pris depuis la France. Son association Sinjiya-Ton (association pour la fraternité) vient en aide à plusieurs centres pour enfants. Elle nous servira de point d'appui afin d'entrer dans les stuctures qu'elle soutient.


Nous nous rendons donc avec Mamadou dans deux structures étatiques, qui n'ont de cela presque que le nom : la pouponnière et le CAOE (centre d'accueil, d'écoute et d'observation pour les enfants des rues). L'état ne finance en effet que des locaux (précaires) et le salaires des quelques fonctionnaires. Pour pouvoir oeuvrer dans de bonnes conditions, des associations et ONG étrangères viennent compléter cette aide. C'est le cas de l'association Léo Mali qui améliore le sort des orphelins handicapés de la pouponnière. Grâce à elle et à d'autres, les locaux ont été agrandis, le personnel multiplié.


La pouponnière


Située au coeur de la capitale, elle accueille une centaine d'enfants abandonnés ou orphelins. La plupart d'entre eux seront adoptés entre 1 et 6 mois, par des étrangers. Répartis sur cinq étages, ils sont bien « pouponnés » par les puéricultrices qui en ont la charge. Au rez de chaussée sont les enfants non-adoptables, sauf sur demande particulière, qui sont au nombre de 16. Chacun d'eux a un handicap qui fait qu'il ne peut être reccueilli par une famille : deux d'entre eux sont séropositifs, les autres sont handicapés moteurs (hémiplégiques), handicapés mentaux, IMC (infirmes moteurs cérébraux) ou microcéphales. Ils sont âgés de 2 à 12 ans. C'est parfois en voulant abandonner l'enfant qu'il est devenu handicapé : On nous raconte la triste histoire de Bakali qui a été jeté dans un puit sec, à la suite de quoi, il est devenu IMC.


De nombreuses animations sont mises en place grâce à l'association Léo Mali pour leur permettre de s'éveiller et de progresser malgré leurs difficultés. Certains enfants vont à l'école le matin, et des professionnels de la santé viennent régulièrement les aider : psychomotricien, orthophoniste ou kinésithérapeute. Une fois par semaine, certains vont aussi faire de l'équithérapie. Les journées sont donc rythmées entre ces visites, les repas, la télévision et les jeux dans la cour. Le personnel manquant, les enfants sont souvent seuls pour jouer et un des objectifs de l'association est d'ailleurs de pouvoir payer une animatrice l'après-midi. L'éducatrice doit parfois s'occuper seule des 16 enfants à la fois, autant dire qu'elle a pas mal de travail : donner à manger aux uns, (ce qui est plus ou moins difficile selon les capacités de l'enfant), véhiculer les autres du lit à la salle d'activités, les changer (ils n'ont pas de couches et font leurs besoins à tout moment par terre) et faire le ménage. Ces enfants sont bien appréciés par l'ensemble du personnel de la pouponnière et il n'est pas rare que la directrice leur offre des bonbons.


Nous interviendrons à la pouponnière tous les après-midi après la sieste et quelques matins pendant deux semaines, week-end compris.


« Sonnez les matines,... Ding, deing, dong... »


Les premiers jours, nous découvrons la difficulté de travailler avec chaque enfant dans un groupe où il y a une grande différence de handicap : certains parlent et marchent tandis que d'autres ne sont pas du tout autonomes. Nous évaluons les capacités de chacun pour adapter nos activités.


Lors de notre première intervention, Hawa et Mamadou courent dans nos bras. Hawa crie de sa petite voie: « Babou, Babou » (Toubabou = blanc). Les enfants en fauteuil nous regardent curieusement et les autres observent. Le kinésithérapeute est là, nous lui expliquons notre visite et nous commençons.


Nous sortons la guitare et nous asseyons par terre. Nous chantons timidement « Frère Jacques », ne sachant pas trop à quelle réaction s'attendre. Après un petit moment, un petit groupe nous entoure. A notre grande surprise, Sidi commence à chanter avec nous tandis que Bakali s'approche doucement et que Djibril commence à gratter les cordes de la guitare. Très vite, nous devons cadrer tout cela car tous veulent jouer de la guitare, et s'accrochent à nous ou nous montent sur les genoux. Chacun nous sollicite pour quelque chose de différent. Au bout d'une heure, ils se dispersent petit à petit et vont chercher un jouet. Nous nous dirigeons alors vers Julien, Djellika, Badra et Fanta dans leur fauteuil pour chanter de nouveau au son de la guitare.


Les jours suivants, nous remarquons que quatre d'entre eux sont beaucoup plus sensibles à la musique. Dès qu'ils nous apercoivent entrer dans la cour, ils nous rejoignent en chantant « Frère Jacques » et en ouvrant l'étui de la guitare encore sur notre dos. Nous sentons que la musique leur plaît par leurs sourires. Même Djellika rit dans son fauteuil lorsque l'on associe chant et gestes. Certains sont plus inertes mais esquissent parfois un sourire quand Florine leur caresse le bras en chantant une douce berceuse. Michelin, quand à lui, a vraiment envie de manger le manche de la guitare... Il faut donc régulièrement stopper son escalade vers celui-ci.
Les enfants aiment sentir les vibrations de la caisse de la guitare en posant leurs mains dessus. Les plus habiles utilisent le médiator pour gratter les cordes. Certains, comme Sidi, parviennent aussi à refaire quelques gestes en chantant ou à taper des mains en rythme. Bakali qui maîtrise difficilement ses gestes, demande chaque jour à Raphaël de le tenir pour danser, pendant que Florine joue de la guitare. Sidi et Djibril se disputent systématiquement pour être guitariste plus longtemps que l'autre. Il est surprenant de voir Hawa, enfant hémiplégique, ouvrir d'elle-même sa main handicapée pour toucher les cordes.


La directrice nous remercie en nous disant que les enfants aiment ce que l'on fait. Certaines puéricultrices descendent un instant de l'étage pour chanter un petit air en dansant.


A la fin de chaque animation, nous disons au revoir à chacun d'eux et le dernier jour, nous partons comme d'habitude mais avec une petite émotion supplémentaire.


Le CAOE


Il s'agit d'un centre ouvert tous les jours de la semaine pour les enfants rencontrant toutes sortes de problèmes sociaux : enfants des rues, désoeuvrés, défavorisés, sortant de prison... La plupart d'entre eux sont des adolescents de 14 à 20 ans mais il y a également quelques enfants plus jeunes. Le centre accueille environ 50 jeunes réguliers par jour. Ils peuvent se restaurer, se laver, faire la lessive et suivre quelques animations comme l'alphabétisation, un cours de musique (Percussions), un cours de poterie... et dormir pour quelques uns.


Nous rencontrons le directeur et l'éducateur, Cissé, qui établit un planning. Sur les deux semaines, nous venons au centre tous les jours sauf le week-end pendant une à deux heures.


Dès notre première intervention, nous rencontrons un certain nombre de problèmes.
Notre approche de la musique, utilisée avant tout comme moyen d'expression, convient tout à fait à ce public revendicateur mais beaucoup moins aux encadrants et leur approche éducative. Il n'est pas facile pour nous d'expliquer que nous ne venons pas pour apprendre la musique aux adolescents mais pour leur permettre une libre expression de leurs difficultés ou envies. La barrière de la langue est elle aussi assez problématique et notre animation est fortement dépendante du traducteur. Dans un projet écrit proposé au directeur, nous décidons de faire du rap, style de musique adapté et apprécié par ces jeunes en difficulté.
Un dernier problème se pose car la structure ne dispose d'aucun lecteur de cd ou matériel d'écoute en état. Le rap nécessitant l'écoute d'une bande son, nous devons acheter des petites enceintes amplifiées pour pouvoir poursuivre nos animations (nous les revendrons à la fin du séjour).


L'objectif que nous nous fixons est la création et l'enregistrement d'une chanson en rap, sur une bande son et un thème que choisiront les jeunes.


Le rap et l'expression libre


Quelque chose nous échappe car les jeunes ne semblent pas tous motivés et parfois même énervés. Ayant parlé de nos difficultés à nos amis de la Casa (cf plus bas), Aurélie nous apprend qu'elle loge chez un rappeur très investi dans le milieu associatif. Très vite, nous le contactons et Mandé, dit Tcifola (le messager) va donner un second souffle à nos animations. Il nous explique le quiproquo : par deux fois, les jeunes ont été en contact avec des musiciens qui leur ont promis enregistrement et Cd et par deux fois, ceux-ci n'ont pas tenu leurs promesses. Aussi, dès notre arrivée, les jeunes se sont méfiés et n'étaient plus motivés. Une fois leur confiance gagnée, Mandé leur donne des conseils et le travail avance bien. Ils choisissent le thème de la pauvreté et sur les 13 jeunes du départ, 4 seulement s'investissent pour faire une composition.


Le jour de l'enregistrement arrive, Cissé nous amène dans un local de répétition où un guitariste professionnel (l'ancien musicien de Salif Keïta !) mettra son talent à profit pour la chanson des jeunes. Pour eux, c'est la première fois qu'ils sont dans un « studio », ils sont très attentifs, moins revendicateurs qu'à leur habitude et semblent très heureux. Moustafa ayant des problèmes avec la police ce jour-là, ne sera pas présent lors de cet évènement.


Deux jours plus tard, grâce au matériel des cousins de Mandé qui sont DJ, nous faisons un petit concert dans la cour du centre pour clôturer notre travail. Cissé explique notre visite, montre le Cd, présente Djibril, Abdoulaye et Omar qui chantent à trois reprises leur tube. Ils se sont même mis en tenue pour l'occasion. Mandé fait aussi un show que les jeunes apprécient particulièrement. La scène est ensuite ouverte pour ceux qui veulent rapper en « Freestyle » (improvisation) comme dit le jargon. Tout les jeunes du centre et d'autres personnes attirées par la musique, viennent écouter leurs amis qui deviennent de vrais stars pour un instant. Le sourire ne les quitte pas pendant tout le concert.


Le directeur nous reçoit à la fin de la prestation et nous dit : « J'ai changé de vision sur ces enfants et la musique me semble maintenant une alternative possible pour les sortir de la rue. » Mission accomplie !


Beaucoup d'autres jeunes à la suite du concert nous demande d'apprendre à jouer de la guitare et nous montre comment ils rappent. Le directeur nous explique qu'ils n'ont pas de fonds mais s'ils pouvaient avoir 4 ou 5 guitares, ils pourraient ouvrir un atelier musique. Avis aux amateurs !


« Dans les beaux maquis, de Bamako... »


La « Casa » est le bar-restaurant à l'ambiance familiale qui nous permet de nous reposer entre les deux associations, de discuter, de résoudre des problèmes et de manger pendant tout notre séjour. Nous y avons notamment rencontré deux français : Aurélie qui fait une thèse sur l'excision et Fabrice finissant son projet « Capoté circus ». Aurélie nous fera rencontrer Mandé Tcifola et Fabrice initiera Raphaël au clown. De longues soirées musicales et de discussions animées se passeront chez Kali et Amadou de la Casa. Fabrice, musicien à ses heures, a justement composé une chanson sur les maquis de Bamako, que nous enregistrons avec notre matériel (Disponible ici). Outre l'ambiance dans laquelle nous plonge l'artiste, vous y reconnaitrez la voix mélodieuse de Florine sur les refrains, et les arrangements pétillants de Raphaël !
Il est plaisant et reposant de pouvoir se retrouver un petit « chez soi » entre amis dans un lieu agréable.


La mission où nous logeons est un aussi un lieu agréable où nous rencontrons beaucoup de personnes appartenant à des associations. Nous tissons très vite des liens avec des français venus dans le même objectif que nous. Les soeurs ont pris connaissance de notre travail à Bamako et nous permettent de rester plus que le règlement ne le permet, ce qui nous arrange bien car nos lieux d'interventions sont tout proches.


Pendant notre séjour s'est aussi déroulée la fête du Tabaski : jour de l'an musulman. Des moutons achetés pour l'occasion remplissent les rues jusqu'au jour J, où tout le monde égorge le sien devant sa maison en même temps. Un drôle de spectacle ! Au CAOE, un zébu avec lequel nous avions sympathisé a aussi été égorgé, et quelle ne fut pas notre surprise, arrivé au centre, de voir la bête à terre gisant dans le sang. A cette même occasion, Cissé nous invite chez lui pour manger le mouton et un morceau du fameux zébu, accompagné du fonio (« petit mil »).


Les deux associations nous ont fait découvrir un public autre que celui avec lequel nous nous étions habitués à oeuvrer, ce qui a élargi notre champ d'action. Le Rap, qui n'est pas notre style de musique de prédilection, et les difficultés que nous avons rencontrés au CAOE nous ont forcé à prendre un important recul sur nos animations. Cette remise en question a été une étape bénéfique pour l'avancement de notre projet. Les enfants handicapés nous ont quand à eux offert des moments inoubliables et une nouvelle vision de la pratique musicale pour Raphaël, découvrant ce public.



Florine et Raphaël,
Jeudi 3/02/2005 à 13h30. 32°
Ouagadougou (Burkina-faso).



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