Une ronde d'enfants autour de la terreUne ronde d'enfants autour de la terre
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Carnet de route de Mauritanie - Nouakchott

Du 27 Novembre au 08 Décembre 2004














Raphaël sur la plage de Nouakchott







On prend la pose !













Le foyer d'AEDM, quartier Sebkha à Nouakchott









Leçon de géographie à AEDM







Séance photo de France et du Maroc









Bodiel laisse sa griffe sur notre guitare


Nouakchott est une ville désertique et peu attrayante pour les touristes. Ils n'y font généralement qu'une courte escale afin de vendre leur voiture ou prennent un visa pour le pays voisin et repartent. En vivant un peu avec la population, on se rend vite compte d'une autre réalité.


La mise en route...


Notre périple dans le désert et dans le banc d'Arguin, bien que magnifique, nous a fatigué : chaleur, trajet, nuits à la belle étoile... Nous décidons donc de nous poser trois jours afin de reprendre quelques forces : nous rattrapons nos heures de sommeil. C'est le moment de faire un peu de rangement dans nos affaires et par la même occasion dans nos têtes. Nous commençons par faire la lessive et enchainons, les deux jours suivants, par l'écriture des carnets de route du Maroc (ce qui, somme toute, n'est pas une mince affaire). Nous prenons aussi nos repères dans la capitale en flânant dans les marchés, le centre ville ou le quartier de notre auberge. Le mercredi 1 décembre, nous nous sentons fin prêt pour reprendre les rennes de notre projet et contactons l'association. Nous avons eu la chance de rencontrer en route une connaissance de l'ancien directeur de l'association (un ami de Penda). Après plusieurs coups de téléphone, nous rencontrons successivement le directeur national des sports de Mauritanie puis Mohamed Lemine, le responsable de la protection juvénile de l'UNICEF dans le pays (il y a du travail !). Nous nous entretenons le jour suivant avec ces messieurs, ouverts à notre intervention et qui nous présentent les objectifs et les actions de l'association AEDM. Malheureusement pour nous, c'est déjà le week-end (vendredi-samedi en Mauritanie, pays islamique) et les enfants sont donc réintégrés dans leur famille. On ira leur rendre une première visite samedi soir.


Nous avons donc deux jours de plus pour nous reposer... nous commencons à l'être une peu trop ! Qu'à cela ne tienne, nous en profitons pour nous promener sur la plage (Raphaël se baigne), admirer les belles pirogues colorées du port, faire un tour au marché local et lire (Florine se trouve un livre de Bernard Clavel). Nous avons maintenant hâte de rencontrer les enfants.


Les difficultés de la population en Mauritanie...


Moussa, un des éducateurs de l'association, en nous parlant du cas des enfants des rues à Nouakchott et des difficultés de vie en Mauritanie, nous donne une autre vision du pays.


Ce pays est constitué d'un grand mélange d'ethnies : les Peuls, les Toucouleurs, les Wolofs, les Maures blancs et les Maures noirs. Chacun parle une langue différente même si la langue officielle est le Hassania (une forme d'arabe). Toute une hiérarchie est instaurée selon la couleur de la peau et l'esclavage est encore encré dans la mentalité de certains. Aussi, tout le commerce est tenu par les Maures blancs qui exploitent les personnes à la peau plus foncée. Ces derniers ont parfois des difficultés à trouver du travail et sont soumis à la pauvreté. Les enfants des rues sont donc souvent des Maures noirs ou des Peuls.
D'autre part, les pères de famille, souvent analphabètes et parfois polygames, peuvent avoir jusqu'à 4 femmes et plus de 30 enfants. Il est évidemment lourd de nourrir toutes ces personnes, réunies sous un même toit. C'est pour cette raison que certains parents demandent à leurs enfants d'aller chercher de l'argent en ville.


L'association AEDM


L'association AEDM (Association Enfance et Développement en Mauritanie) est la seule de la capitale à s'occuper des enfants des rues (d'autres prennent en charge les enfants orphelins, handicapés...). Son objectif est de réintégrer ces enfants dans leur famille, en les réinsérant dans le système éducatif. Des membres de l'association font un travail de terrain pour repérer les enfants dans la rue et tenter d'entrer en contact avec eux, tandis que d'autres s'occupent de la prise en charge de l'enfant jusqu'à sa réintégration (foyers, formation,...). Le travail est différent s'il s'agit de fille ou de garçon. Les garçons peuvent être pris en charge la semaine dans des foyers, mais pour les filles cela n'est, culturellement et religieusement, pas possible. AEDM essaye d'améliorer leur situation dans leur quartier (souvent, elles se prostituent pour apporter de l'argent à la famille) pour qu'elle réintègre leur famille dignement. En ce qui concerne les garçons, AEDM a deux foyers qui accueilllent huit à dix enfants chacun. Lorqu'un enfant est trouvé dans la rue, après étude de son cas, on lui propose d'aller dans le foyer. Un des foyers reçoit donc l'enfant au début de la prise en charge et sert de transition pour observer ses comportements, sa capacité à respecter les règles, à réintégrer l'école... L'autre foyer consolide cette prise en charge en gardant l'enfant pendant un an ou deux. Pour chaque enfant, un dossier est établi où il est inscrit son évolution, sa rencontre, sa situation...


Nous intervenons dans le premier foyer situé dans le quartier populaire, à côté d'un des bidonvilles de Nouakchott : Sebkha. Les enfants, âgés de 7 à 12 ans, n'y sont arrivés que depuis 20 jours. Ils commencent à peine à se connaître et à comprendre le règlement. Le matin, ils vont à l'école du quartier et l'après-midi, AEDM accueille un enseignant pour assurer un soutien scolaire nécessaire pour rattraper le retard accumulé. Dans les écoles publiques, il y a 100 enfants par classe et tous ne parlent pas la même langue, ce qui complique l'enseignement. Les enfants sont donc nourris, logés et éduqués à l'association. Deux éducateurs se relaient sur la semaine et une femme vient s'occuper des repas. Les enfants doivent prendre en charge leur ménage.
L'appartement est tout ce qu'il y a de plus sommaire : une salle pour dormir, une cuisine, une salle de bains/toilettes, une salle de classe et une salle pour manger où se réunir. Tout se fait à même le sol, sur un tapis. Il n'y a aucun meuble si ce n'est les cinq bureaux de récupération de la salle de classe.


L'association AEDM fait au mieux avec ses ressources, pour apporter le minimum vital : un toit, une éducation et à manger, aux enfants dans le besoin. Les conditions de vie dans le foyer, calquées sur celle de la population défavorisée de la ville, restent malgré tout, précaires.


Un peu de musique !


Le samedi soir, nous arrivons dans le foyer et faisons la connaissance de Moussa, avec qui nous préparons notre programme d'intervention. Les enfants rentrent petit à petit de leur week-end passé en famille.


Dès le dimanche et tous les jours suivants, nous nous rendons à AEDM aux alentours de 16H00, pour assister au soutien scolaire. L'enseignant reprend la base de toutes les matières (français, arabe, calcul, éducation sanitaire). Florine intervient en proposant un cours de français et de géographie le lendemain, en présentant notre parcours sur des cartes du monde et de la Mauritanie. Les enfants sont très enthousiastes et ont très envie d'apprendre. De par leur passé, ils ne savent pas encore lire ni écrire correctement alors qu'ils sont officiellement en 3ème année (équivalent CE2 en France).


Dès que la leçon est terminée, nous enchainons avec la musique. Le premier jour, nous commençons en expliquant notre projet. Pendant une bonne heure, les enfants vont ensuite timidement chanter des chansons traditionnelles de leur ethnie respective, en alternance avec des chants français que nous leur chantons. Comme il reste un peu de temps avant l'heure du repas, nous commençons un travail d'écriture de paroles, sur une mélodie que nous avons composée à l'avance. Les enfants choisissent le thème de l'école et écrivent chacun une phrase de la chanson.


Nous enregistrons dès le deuxième jour, après avoir répété les différents chants choisis par les enfants et notre composition collective : « Medrassen » (L'école). Pendant l'enregistrement, les enfants sont très concentrés et s'appliquent. Les voyant curieux devant notre matériel, nous leur faisons écouter les chants enregistrés en France et au Maroc, avec les photos des enfants. Ils écoutent et rigolent. L'échange musical est là, agréable à voir.


Mardi devait être un jour de relâche d'après notre programme établi à l'avance. A peine arrivés dans l'association, les enfants viennent vers nous et chantent... Impossible de ne rien faire face à tant d'entrain : Nous rechantons les chants des jours passés, avec moins de gêne, suivi de petits jeux musicaux. Les enfants sont avides de jouer et rient beaucoup, il est difficile d'imaginer qu'il leur est arrivé tant de malheurs.


« Bye bye Assalama, Chokrane Alasia ! »


Le mercredi, notre dernier jour, arrive. Nous avons acheté des jus de fruits pour faire la fête et Moussa nous invite à manger avec Mohamed Lemine (UNICEF). Nous chantons encore avec les enfants, prenons des photos de groupe que regardons ensuite avec eux (la magie du numérique...) et leur faisons écouter leur enregistrement.


Mohamed Lemine nous remercie de notre travail et nous dit : « Les enfants sont contents, ça les fait rêver un peu. Ca les revalorise et les aide à grandir de voir que des adultes croient en eux. » En un instant, il a résumé notre projet. L'heure de partir approchant, Bodiel, qui sait le mieux écrire, recopie les 4 lettres : AEDM et dessine un bonhomme au dos de notre guitare. Mohamed Lemine nous raccompagne, les enfants nous suivent en chantant : « Bye bye Assalama, Chokrane Alasia ! ». (Cf mp3)


« Tu reviens demain ? »
« Et non, c'est fini... »
« Ah... »
Nous ressentons une forte émotion en quittant ces enfants, très attachants...


Avec une façon de faire qui parfois peut nous choquer (notamment le manque de pédagogie de certains intervenants dans leurs propos et parfois même leurs gestes), il est encourageant de voir des personnes qui se battent, avec le peu de moyens dont ils disposent, pour ces enfants dans un pays sans loi si difficile à vivre.



Florine et Raphaël,
Dimanche 12/12/2004 à 20h30. 28°
Saint Louis (Sénégal).



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